2005 : la renaissance d’un symbole
Ce n’est que six ans plus tard que la C6 est présentée, elle aussi au salon de Genève, en mars 2005 et sa commercialisation en fin d’année.
Vrai « Made in France », elle rentre en production à Rennes-La Janais, site historique de Citroën inauguré le 10 septembre 1960 par le général de Gaulle. Cet établissement, choisi dès 1958, a vu naître de nombreux modèles : Ami 6, 8 et Super, la GS, Visa, BX, AX, Xantia, XM,…
Sous ses lignes singulières — fastback sans hayon, courbes tendues, sa lunette arrière concave inspirée de la CX — se cache une berline entièrement pensée pour le confort.
Basée sur la plateforme PF3, elle dérive techniquement de la Citroën C5 I (2001), dont elle partage l’architecture générale du châssis et les principes hydrauliques.
Mais la C6 a son propre développement au niveau du berceau avant, de la géométrie arrière, des trains roulants et de l’électronique Hydractive 3+. Son empattement (2,90 m) est allongé de près de 10 cm par rapport à la C5, et la caisse, plus rigide et mieux insonorisée.
Fidèle à la tradition du confort Citroën, sa suspension Hydractive III+ est une suspension pilotée hydropneumatique à 2 états de raideur et 16 états d’amortissement.
Elle ajuste en temps réel son comportement en fonction du profil de la route, du style de conduite et de la vitesse, tout en maintenant la garde au sol constante, quelle que soit la charge du véhicule.
• À partir de 110 km/h (maintenus pendant environ 30 s) : la voiture s’abaisse de 10 mm à l’avant et de 9 mm à l’arrière.
• Si la vitesse redescend en dessous de 90 km/h pendant plus de 30 s, elle revient à sa hauteur normale.
• Sur route dégradée (détectée par les capteurs de débattement), la gestion peut retarder ou annuler l’abaissement pour préserver le confort.
Il existe aussi des modes manuels via le sélecteur de hauteur :
• Position basse (–15 mm / –13 mm) réservée aux manœuvres ou au lavage, non maintenue en roulage.
• Position haute (+40 mm / +35 mm) pour franchir un obstacle, vitesse limitée à 10 km/h.
A cela, ajoutons son aileron arrière mobile contribue à la stabilité :
Invisible au repos, il sort en position intermédiaire à partir de 65 km/h environ et se déploie en position haute dès 125 km/h.
La C6 est également le premier véhicule à suspension hydraulique à recevoir un train avant à double triangle à pivot découplé associé à un train arrière multibras filtré. Cette architecture, issue de la Peugeot 407, a été spécialement adaptée pour offrir un équilibre idéal entre guidage précis et confort de filtration.
A son lancement, elle est motorisée par le V6 HDi 2.7 de 208 ch, fruit d’une collaboration commune PSA/Ford et épaulé par le V6 essence ES9 de 211cv. Viendront plus tard l’excellent 2.2 HDI fort de 170cv et lors de son restylage pour l’année 2010, un 3.0 HDi de 240cv, évolution du 2.7.
La boîte automatique Aisin à six rapports parachève un ensemble dédié à la souplesse.
À sa sortie, la presse salue la qualité de filtration, le silence de fonctionnement, le comportement routier impérial. Mais certains regrettent un manque de nervosité et une gamme trop courte. Sur un marché alors dominé par les berlines allemandes, la C6 choisit une autre voie : celle du confort souverain.